Wednesday, November 4, 2026
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Qu’est-ce que le stockage software-defined ?

Allons droit au but : voici ma définition simple du stockage software-defined (SDS) :

Une application indépendante du matériel, installée sur un système d’exploitation standard (relativement peu modifié), qui fait office de système de stockage et dispose de fonctionnalités suffisantes pour héberger à grande échelle les applications et services d’aujourd’hui.

Tous les deux ou trois ans, un nouveau mot à la mode apparaît dans le secteur du stockage de données. C’est l’occasion d’ergoter sur sa définition exacte, en espérant susciter au passage des échanges intéressants, populariser le terme et pousser les fournisseurs concernés à clarifier leurs feuilles de route.

Il y a 10 ans, le mot du moment était « virtualisation ». Il y a 5 ans, c’était « cloud ». Aujourd’hui, je crois que c’est « software-defined ».

Décortiquons maintenant les points clés de cette définition du stockage software-defined.

Indépendant du matériel

Ce point est décisif pour déterminer ce qui relève ou non du SDS, et toutes les autres caractéristiques reposent en réalité sur cette valeur principale. Le logiciel doit fonctionner sur n’importe quel serveur x86 moderne du constructeur de votre choix. Un logiciel livré uniquement sur un matériel spécifique, qui ne permet pas à l’utilisateur de l’installer sur le matériel de son choix, n’est pas du stockage software-defined : c’est une appliance de stockage.

Soyons clairs sur un point : SDS n’est pas automatiquement synonyme de serveurs « whitebox ». Une poignée de clients dans le monde construiront toujours leurs propres solutions, du matériel au logiciel. Pensez à Amazon et Google. Mais le reste du monde cherche une plateforme fiable, facile à gérer et qui passe les achats sans lourdeur administrative. Pour ces clients, l’indépendance vis-à-vis du matériel leur permet de choisir le serveur du marché qui leur convient, dans des environnements mêlant générations et configurations matérielles à mesure que, par exemple, la capacité des disques augmente.

Principale valeur métier : coût d’acquisition réduit grâce aux serveurs standard, liberté de modifier ses choix d’achat à chaque mise à niveau selon les besoins métier et la disponibilité des produits. Agilité accrue et mise sur le marché plus rapide grâce au déploiement de nouvelles applications sur une plateforme connue.

Un système d’exploitation standard (relativement peu modifié)

C’est le deuxième point qui permet de réaliser le premier. Vous vous souvenez, il y a 10 ans, quand on a commencé à parler des hyperviseurs comme d’une couche d’« abstraction » entre le matériel et le logiciel ? C’est exactement de cela qu’il s’agit ici. Le SDS doit utiliser un OS standard (Linux est le choix évident) pour créer une séparation logique entre le matériel et le logiciel. Le noyau de l’OS gère par exemple l’adressage des périphériques bloc, et la couche SDS utilise simplement les ressources de stockage, de calcul et de réseau présentées dans l’espace utilisateur.

J’emploie à dessein les mots « standard » et « relativement peu modifié ». Plus on modifie le système d’exploitation, plus on se rapproche du stockage traditionnel et du principe d’un firmware exécuté sur des contrôleurs propriétaires. La valeur du SDS réside dans le logiciel, et ce logiciel doit être portable sur des plateformes matérielles qui ne prennent pas forcément en charge des systèmes d’exploitation très personnalisés.

Principale valeur métier : réduction de l’OpEx et de la complexité grâce à un OS familier servant de base à de nombreux services de l’organisation, y compris éventuellement les serveurs, le stockage et le réseau.

Faire office de système de stockage, avec des fonctionnalités suffisantes pour héberger à grande échelle les applications et services d’aujourd’hui.

La première partie de la phrase parle d’elle-même. La suite est un peu plus floue. Les serveurs fournissent des services de stockage aux clients depuis longtemps. Un exemple rapide : un partage NFS (Network File System) sur un serveur Linux, ou encore le plus récent Windows Storage Server de Microsoft. Est-ce du SDS ? Je dirais que non. Ils dépendent encore de périphériques de stockage sous-jacents capables de protéger et de gérer les données à grande échelle.

Une fois encore, je reviens au premier point : l’indépendance vis-à-vis du matériel. Pour respecter cette valeur clé, le SDS doit assumer la protection de toutes les ressources de stockage qu’il gère. Les systèmes modernes, en particulier scale-out, s’appuient généralement pour cela sur la réplication et l’erasure coding. Je pense toutefois que tout système capable de garantir une disponibilité et une durabilité égales ou supérieures aux niveaux actuels (cinq neuf et plus) peut légitimement se dire SDS.

Il existe beaucoup d’autres fonctionnalités « appréciables » selon les objectifs de l’utilisateur.

Nous pourrons en débattre dans un autre article.

Principale valeur métier : fiabilité renforcée en répartissant la protection des données au-delà des frontières physiques traditionnelles. Selon les fonctionnalités, agilité accrue en permettant de déployer de nouvelles applications sur un pool de données partagé sans développement spécifique.

En résumé

En résumé, une plateforme moderne de stockage software-defined doit laisser à l’utilisateur la liberté de prendre ses propres décisions, tout en lui permettant de dormir sur ses deux oreilles.

Qu’en pensez-vous ? Ai-je oublié des éléments essentiels, ou certains de mes propos sont-ils en total décalage avec ce que vous observez sur le marché aujourd’hui ?

Photo de Vitaly Taranov sur Unsplash