Tuesday, November 3, 2026
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Comment calculer les besoins de stockage de vidéosurveillance ?

Le calcul du stockage de vidéosurveillance part d’un seul chiffre, le débit de chaque caméra, et aboutit à une capacité qui peut facilement atteindre plusieurs pétaoctets pour un grand parc. Entre les deux se trouvent des choix de résolution, de codec, de fréquence d’images, de mode d’enregistrement, de durée de conservation et de protection qui peuvent modifier le résultat d’un ordre de grandeur. Bien faire le calcul avant d’acheter du stockage évite de manquer de conservation en cours d’année ou de payer une capacité qui ne servira jamais.

Cet article explique la formule, les variables qui comptent le plus, un exemple chiffré et les surcoûts souvent oubliés. Pour l’architecture d’ensemble, consultez notre guide sur le stockage pour la vidéosurveillance.

La formule de base

Le stockage par caméra dépend du nombre de bits par seconde qu’elle produit et de la durée d’enregistrement :

  • Stockage quotidien par caméra (Go) = débit (Mbit/s) x secondes enregistrées par jour / 8 / 1 000.

Pour une caméra qui enregistre en continu, une journée compte 86 400 secondes. La formule se simplifie ainsi :

  • Stockage quotidien (Go) = débit (Mbit/s) x 10,8.

Une caméra qui diffuse en continu à 4 Mbit/s produit donc environ 43 Go par jour. Sur 30 jours, cela représente environ 1,3 To par caméra. Multipliez par le nombre de caméras et les jours de conservation pour obtenir le total.

Les variables qui déterminent le débit

La résolution

Une résolution plus élevée signifie plus de pixels par image et généralement un débit plus élevé. Passer de la 1080p à la 4K multiplie environ par quatre le nombre de pixels, même si l’efficacité des codecs fait que le débit n’augmente pas toujours en proportion.

Le codec

Les normes de compression font une grande différence. Le H.265 (HEVC) atteint généralement une qualité comparable au H.264 avec un débit nettement inférieur, souvent cité entre 30 et 50 % de moins selon la scène et l’encodeur. Certains fabricants de caméras ajoutent des codecs intelligents propriétaires qui réduisent encore le débit dans les scènes statiques.

La fréquence d’images

Enregistrer à 30 images par seconde produit plus de données qu’à 15 ou 10. De nombreux déploiements de vidéosurveillance enregistrent à 10 ou 15 images par seconde pour la couverture générale et réservent des fréquences plus élevées aux usages qui l’exigent, comme la manipulation d’espèces ou la lecture de plaques d’immatriculation.

La complexité de la scène

Les scènes animées, avec beaucoup de mouvement, des arbres agités par le vent, de la pluie ou du bruit nocturne, produisent des débits plus élevés que les scènes intérieures statiques, surtout en débit variable. Une caméra à 2 Mbit/s en moyenne en intérieur peut dépasser largement ce chiffre en extérieur la nuit.

Les réglages de qualité

Le niveau de compression et le choix entre débit variable et débit constant influent sur le débit. Le débit constant est prévisible pour le dimensionnement ; le débit variable économise de l’espace sur les scènes calmes mais demande un calcul de moyenne rigoureux.

À titre très indicatif, les caméras 1080p fonctionnent souvent à quelques Mbit/s et les caméras 4K à plusieurs fois plus, mais mesurez vos propres caméras plutôt que de vous fier à des règles empiriques.

Le mode d’enregistrement

La fréquence d’enregistrement des caméras compte autant que le débit :

  • L’enregistrement continu capte tout et se dimensionne le plus simplement.
  • L’enregistrement sur mouvement ou sur événement n’écrit que lorsqu’une activité est détectée, ce qui peut réduire fortement le stockage dans les zones calmes, mais il est plus difficile à prévoir.
  • L’enregistrement programmé enregistre en pleine qualité pendant certaines heures et en qualité réduite, voire pas du tout, le reste du temps.
  • Le double flux enregistre un flux haute résolution pour les preuves et un flux basse résolution pour la visualisation en direct ou la conservation longue.

Pour l’enregistrement sur mouvement, estimez le pourcentage de temps pendant lequel chaque caméra enregistrera. Une entrée très fréquentée peut enregistrer la plus grande partie de la journée ; une réserve, seulement quelques pour cent.

La durée de conservation

La conservation multiplie tout. Trente jours d’images exigent deux fois la capacité de quinze. La durée est généralement fixée par la politique interne et la loi, et peut varier selon le groupe de caméras ou le site. Certaines organisations gardent les images récentes en pleine qualité et les plus anciennes en qualité ou en fréquence d’images réduite. Voir la conservation des images de vidéosurveillance.

Un exemple chiffré

Prenons un campus fictif équipé de 1 000 caméras :

  • 700 caméras 1080p en H.265 à 3 Mbit/s en moyenne, en enregistrement continu.
  • 300 caméras 4K en H.265 à 8 Mbit/s en moyenne, en enregistrement continu.
  • Une conservation de 30 jours pour toutes les caméras.

Stockage quotidien :

  • Caméras 1080p : 3 Mbit/s x 10,8 = 32,4 Go par caméra et par jour. x 700 = environ 22,7 To par jour.
  • Caméras 4K : 8 Mbit/s x 10,8 = 86,4 Go par caméra et par jour. x 300 = environ 25,9 To par jour.
  • Total : environ 48,6 To par jour.

Conservation : 48,6 To x 30 jours = environ 1,46 Po d’images.

Bande passante d’écriture agrégée : 700 x 3 Mbit/s + 300 x 8 Mbit/s = 4 500 Mbit/s, soit environ 4,5 Gbit/s d’écritures continues.

Si 40 % des caméras 1080p passent à un enregistrement sur mouvement actif la moitié du temps, leur contribution baisse d’autant, ce qui réduit le stockage total d’environ 10 %. Si la conservation passe à 60 jours, la capacité double pour atteindre près de 3 Po.

Les surcoûts souvent oubliés

La protection du stockage

Le RAID, le codage à effacement ou la réplication consomment de la capacité brute au-delà de la capacité utile. Selon l’architecture, le surcoût de protection peut atteindre 20 à 50 % ou plus.

L’espace libre et la marge

Le stockage ne doit pas fonctionner à 100 %. Gardez une marge pour les reconstructions, la croissance et les pics, couramment de 10 à 20 %.

Les preuves et les exports

Les images exportées ou protégées pour des enquêtes sont conservées plus longtemps que la durée normale. Estimez le volume d’images habituellement préservé et pour combien de temps.

Les copies secondaires

Si les images sont répliquées vers un autre site ou archivées sur un second niveau, comptez aussi cette capacité.

Le surcoût du VMS

Les bases de données, index, vignettes et métadonnées occupent de l’espace supplémentaire, généralement modeste mais pas nul.

La croissance

Les nouvelles caméras, les montées en résolution et les nouveaux sites ajoutent de la capacité au fil du temps. Planifiez au moins trois à cinq ans à l’avance.

Les performances d’écriture font partie du calcul

La capacité n’est que la moitié du problème. Le stockage doit soutenir en continu la bande passante d’écriture agrégée, y compris pendant les pannes de disques ou de nœuds et les reconstructions. Dans l’exemple, cela signifie 4,5 Gbit/s d’écritures régulières, plus une marge, plus l’activité de lecture des enquêteurs. Des performances d’écriture insuffisantes provoquent des pertes d’images, ce qui est pire que de manquer de capacité, car la lacune peut passer inaperçue jusqu’au jour où l’on a besoin des images.

Réduire le stockage sans perdre de preuves

Une fois la base connue, plusieurs leviers permettent de réduire la capacité tout en conservant les images qui comptent :

  • Adapter la fréquence d’images à l’usage. Les caméras de vue générale ont rarement besoin de 30 images par seconde ; réserver les fréquences élevées aux caméras qui captent des mouvements rapides ou des détails fins économise de la capacité.
  • Utiliser les codecs intelligents avec prudence. L’encodage variable et adaptatif peut réduire le débit dans les scènes statiques, mais testez-le la nuit et par mauvais temps.
  • Différencier la conservation par groupe de caméras. Les caméras couvrant des zones à risque peuvent justifier une conservation plus longue que celles couvrant des couloirs ou des parkings.
  • Réduire la qualité des images anciennes, lorsque la politique le permet, en gardant la pleine résolution pour les jours récents et un flux réduit ensuite.
  • Ne protéger que le nécessaire. Marquez les images pour une conservation longue lorsqu’un incident est signalé, plutôt que d’allonger la conservation de tout.

Chaque changement doit être validé avec les équipes de sûreté et, le cas échéant, les équipes juridiques ou chargées de la protection des données, car une qualité réduite ou une conservation plus courte peut affecter les enquêtes.

Outils et validation

De nombreux fabricants de caméras et éditeurs de VMS proposent des calculateurs de stockage. Ce sont de bons points de départ, mais validez leurs hypothèses :

  • Mesurer les débits réels d’un échantillon de caméras dans chaque environnement, de jour comme de nuit.
  • Vérifier comment le VMS stocke les données et quel surcoût il ajoute.
  • Confirmer que les modes d’enregistrement sont configurés comme prévu.
  • Refaire les calculs après le déploiement à partir des données d’usage réelles.

Liste de contrôle : calcul du stockage de vidéosurveillance

  • Inventorier les caméras par résolution, codec, fréquence d’images et emplacement.
  • Mesurer les débits moyens réels, y compris la nuit.
  • Définir le mode d’enregistrement et le taux d’activité de chaque groupe de caméras.
  • Appliquer la conservation par groupe.
  • Calculer le stockage quotidien et total, ainsi que la bande passante d’écriture agrégée.
  • Ajouter surcoût de protection, marge, preuves, copies et surcoût du VMS.
  • Planifier la croissance liée aux nouvelles caméras et aux mises à niveau.
  • Valider les calculateurs des fournisseurs par des données mesurées.
  • Refaire le calcul chaque année ou après tout changement majeur.

En résumé

Le calcul du stockage de vidéosurveillance est simple une fois connu le débit réel de chaque caméra : multipliez par 10,8 pour obtenir les gigaoctets par jour, par les jours de conservation pour la capacité et par le nombre de caméras pour le parc. La difficulté consiste à disposer de données d’entrée réalistes et à ne pas oublier les surcoûts : protection, marge, preuves, copies et croissance. Mesurez les caméras dans leur environnement réel, dimensionnez à la fois la capacité et les performances d’écriture soutenues, et choisissez un stockage qui grandit par petites étapes avec le parc de caméras. Pour les options d’architecture, voir NVR ou stockage centralisé pour des milliers de caméras.

Questions fréquentes

Quelle capacité de stockage faut-il pour une caméra de vidéosurveillance ?

À 4 Mbit/s en enregistrement continu, environ 43 Go par jour, soit 1,3 To pour 30 jours. Les besoins réels dépendent du débit, du mode d’enregistrement et de la conservation.

Comment convertir un débit en stockage ?

Multipliez le débit en Mbit/s par 10,8 pour obtenir les gigaoctets par jour en enregistrement continu.

Le H.265 réduit-il le stockage de vidéosurveillance ?

Oui. Le H.265 offre généralement une qualité comparable avec un débit nettement inférieur au H.264, souvent 30 à 50 % de moins selon la scène.

Combien l’enregistrement sur mouvement fait-il économiser ?

Cela dépend de l’activité. Les zones calmes peuvent n’enregistrer qu’une petite fraction de la journée, tandis que les zones très fréquentées enregistrent presque en continu.

Quels surcoûts ajouter aux estimations de stockage ?

Ajoutez le surcoût de protection du stockage, une marge de 10 à 20 %, la conservation des preuves, les copies secondaires et la croissance.

Pour aller plus loin