3 Les dernières semaines de 2021 touchent à leur fin et, chez Scality, nous avons profité de ce moment pour revenir sur ce que nous avons observé dans le stockage de données au cours de l’année écoulée et sur ce qui nous attend. Voici ce qui ne changera pas : la prolifération des données va continuer d’exploser, et presque toutes les organisations, quel que soit leur secteur, doivent disposer d’une stratégie définie pour faire face à toutes ces données. Alors, que nous réserve 2022 ? Rejoignez-nous pour consulter notre boule de cristal. La multiplication des cyberattaques exige des protections intégrées sophistiquées Il n’est pas exagéré de dire que le ransomware a atteint des proportions épiques ces dernières années. Les cybercriminels ont bien compris la valeur des données d’entreprise et font tout pour s’en emparer. Les solutions de stockage commerciales devront donc être conçues avec des mécanismes intégrés plus sophistiqués de détection précoce, de prévention et, en fin de compte, de restauration après des attaques qui suppriment, modifient ou chiffrent les données stockées. Les solutions de stockage seront combinées à des mécanismes avancés de sécurité au niveau des applications, des serveurs et du réseau, afin d’offrir aux entreprises des solutions de bout en bout contre les cyberattaques sur l’ensemble de leur pile IT. Les menaces continuent d’évoluer ; empêcher totalement les attaques par ransomware n’est pas réaliste, les responsables IT devront donc déployer des solutions capables de détecter ces attaques et de s’en remettre plus tôt et plus efficacement. Pour les solutions de stockage, la détection précoce peut prendre la forme de nouvelles techniques basées sur l’IA/le ML qui analysent les schémas d’accès anormaux, ou qui se concentrent sur certaines données. Signaler ces situations peut alerter les administrateurs plus tôt, avant que des dégâts importants ne soient causés. Les solutions de restauration dans le stockage peuvent s’appuyer sur les technologies classiques de snapshot et sur des capacités de versioning plus granulaires. Les nouveaux systèmes de stockage objet ont porté l’immuabilité des données à un niveau encore supérieur en mettant en œuvre le verrouillage d’objets, ainsi que des politiques de rétention des données. Celles-ci rendent les données insensibles à toute suppression ou modification pendant la période définie. La solution ultime pourrait résider dans des moyens intelligents d’isoler (« air gap ») les données sensibles, soit vers un site distant, soit vers un système connecté de manière sécurisée. Nous prévoyons que ces solutions continueront de gagner en sophistication et seront proposées par de plus en plus de fournisseurs. L’AI/MLOps deviendra un composant standard des produits de stockage d’entreprise et de milieu de gamme Outre la croissance massive des données, le secteur du stockage continue de faire face à une pénurie de compétences. On estime que les administrateurs du stockage devront gérer 50 fois plus de données au cours de la prochaine décennie, avec un nombre de personnels qualifiés multiplié par seulement 1,5. L’automatisation et l’intelligence peuvent relever ces défis et aider les responsables IT et les équipes d’exploitation à prendre en charge un large éventail de tâches, de la supervision de base des systèmes et des alertes à l’analyse prédictive et à la planification des capacités, jusqu’à la gestion sophistiquée des workflows de données. Nous nous attendons à une intégration accrue de l’AI/MLOps dans les offres de stockage à grande échelle pour pallier la pénurie de compétences et aider les administrateurs à décharger et automatiser des processus. Cela peut aussi aider à identifier et réduire le gaspillage, tout en améliorant l’efficacité globale de la gestion du stockage. Le MLOps peut surveiller les tâches manuelles courantes et fournir des analyses prédictives à leur sujet (par exemple, l’utilisation des capacités, les défaillances imminentes de composants et l’efficacité du stockage). Les tâches à plus forte valeur peuvent inclure l’identification des modèles d’E/S et de performance des applications afin d’ajuster automatiquement la qualité de service (QoS) et les ressources sous-jacentes pour fournir les niveaux de service requis. Ces innovations ne seraient pas possibles sans l’application de techniques de ML et leur capacité à exploiter des logs système et des données d’événements extrêmement granulaires, et à « s’entraîner » à partir de ceux-ci, pendant les opérations en temps réel. Les enjeux de souveraineté numérique vont faire émerger un secteur de fournisseurs de services régionaux En Europe, on parle beaucoup de la dépendance vis-à-vis des fabricants de semi-conducteurs américains et asiatiques, des fournisseurs d’infrastructure et des trois grands fournisseurs cloud : AWS, Microsoft Azure et Google. L’inquiétude croissante face à cette dépendance a conduit à l’adoption de nouvelles politiques (en anglais) visant à renforcer l’autonomie stratégique du continent (et de chaque pays) dans le domaine numérique. Mais la souveraineté numérique n’est pas uniquement un enjeu européen. Aux États-Unis, la dépendance croissante vis-à-vis de la Chine pour certaines technologies, notamment la fabrication de puces en silicium, suscite des inquiétudes similaires. Les données sont un actif d’entreprise très précieux dans l’économie numérique actuelle, et nous prévoyons la création de nouveaux services localisés pour répondre aux préoccupations croissantes autour de l’indépendance des données souveraines. Les entreprises ont du mal à savoir où se trouvent leurs données face à la croissance des plus grands acteurs mondiaux du cloud, sans parler de leur conformité aux réglementations locales en matière de souveraineté des données auxquelles elles sont soumises. Externaliser et déléguer leurs services IT à des fournisseurs cloud mondiaux pour des raisons d’économie, d’agilité et de flexibilité ne les dispense pas de leurs obligations de conformité. Fermer les yeux sur leurs problèmes de souveraineté des données n’est tout simplement pas une option. Cela va donc faire émerger un secteur de fournisseurs de services locaux/régionaux proposant des services de cloud souverain à des marchés captifs, en garantissant que les données restent à l’intérieur de frontières définies. Les datacenters sur site resteront une priorité des entreprises dans un avenir prévisible La décentralisation des services IT, des applications et des données est une tendance de fond depuis dix ans. Les applications et les données migrent depuis longtemps des datacenters d’entreprise vers les clouds publics. Pourtant, le datacenter d’entreprise est loin d’être mort. Nous prévoyons que les entreprises maintiendront leurs investissements dans leur infrastructure de datacenter sur site, même si l’adoption du cloud se poursuit, pour des raisons de contrôle, de performance et de rentabilité. Et nous pensons que cela continuera dans un avenir prévisible. Cela donnera naissance à un nouveau niveau de capacités de gestion IT sophistiquées pour optimiser les solutions de gestion des applications et des données multi-datacenter et multicloud. Le stockage et la gestion des données sont un enjeu d’IT hybride multisite. La plupart des entreprises ont aujourd’hui compris qu’une approche intelligente et équilibrée des applications et de l’infrastructure, entre datacenters d’entreprise (privés) et services de cloud public, permet d’optimiser la fourniture des services, l’agilité, le délai de mise sur le marché et la rentabilité. Les réseaux 5G favoriseront la capture et la mobilité des données en périphérie, levant les inquiétudes liées à la gravité des données Les entreprises déploient de plus en plus d’applications en périphérie (edge), c’est-à-dire en dehors d’un datacenter ou d’un cloud centralisé traditionnel. Cela ne concerne pas seulement les bureaux distants ou les succursales, mais s’étend aussi à des sites IT non traditionnels comme les points de vente, les aéroports, les stades et les véhicules connectés/intelligents. Beaucoup de ces sites deviendront probablement des mini-datacenters cloud, nécessitant des services IT complets avec des serveurs, une connectivité haut débit et un stockage local pour fournir ces nouveaux services riches. En fait, des analystes (en anglais) ont prédit que d’ici 2025, les trois quarts des données générées par les entreprises seraient créées et traitées en périphérie. L’opinion générale est que la mobilisation de ces données edge sera lente, inefficace et coûteuse : par exemple, une fois capturées sur un site edge, les données peuvent devoir être transférées vers un datacenter central pour être analysées ou traitées. Or, déplacer des pétaoctets de données sur des liens réseau plus lents est jugé prohibitif, ce qui a donné naissance à l’analogie de la « gravité des données » : les données ont un « poids » qu’il faut prendre en compte avant de les transférer vers un autre site. S’il y a du vrai là-dedans, nous prévoyons que la nouvelle génération de connectivité réseau 5G aura un impact direct sur l’émergence d’applications riches en données déployées en périphérie, en particulier pour les appareils mobiles connectés. L’augmentation de la bande passante vers et depuis la périphérie réduira les inquiétudes liées à la gravité des données et stimulera davantage la génération et la consommation de données en périphérie. Lire le communiqué de presse