4 Des pannes aux échecs de l’IA, 2025 a montré précisément où l’infrastructure a flanché et où elle a tenu bon. Les charges de travail d’IA ont révélé des circuits de données incapables de suivre le rythme. De nouvelles décisions en matière de souveraineté ont fait du contrôle juridictionnel une exigence mesurable. Les pannes du cloud ont mis en lumière le risque de concentration, opérationnel comme économique. Et les cyberattaques ont continué de mettre à l’épreuve l’efficacité réelle des stratégies de résilience sous pression. Alors que les organisations se préparent à 2026, l’enjeu n’est plus d’ajouter des outils, mais de renforcer l’architecture fondamentale qui régit l’intégrité, la mobilité et la restauration des données. Le stockage est désormais au cœur de cette équation, là où sécurité, conformité et performances se rejoignent. Ce tableau de bord de préparation des données résume les signaux les plus importants de l’année écoulée en deux catégories : Les feux verts indiquent que votre socle de données est prêt pour l’année à venir. Les signaux d’alerte montrent où subsistent des risques cachés en matière de contrôle, de résilience ou de gouvernance. L’objectif n’est pas de prédire les tendances 2026 qui façonneront l’infrastructure de données. Il s’agit d’aider les responsables informatiques à diagnostiquer l’état actuel de leur architecture et les points à renforcer. Téléchargez la liste de contrôle du tableau de bord de préparation des données 2026 ici (en anglais), et poursuivez la lecture pour entrer dans le détail. Feux verts pour 2026 1. Une préparation à l’IA reposant sur des pipelines de données gouvernés et à haut débit Pourquoi c’est important : les résultats de l’IA sont limités par les pipelines de données, et non par l’ambition des modèles. En 2025, de nombreuses organisations ont constaté que leurs GPU restaient inactifs pendant que les systèmes de stockage peinaient en débit, en concurrence d’accès aux métadonnées ou en accès aux petits objets. D’autres ont découvert que sans historique clair des données, les résultats de l’IA ne pouvaient être ni fiables ni validés. Les équipes qui ont progressé le plus vite ont investi dans des pipelines conçus pour l’échelle, la concurrence et la gouvernance, et pas seulement pour la performance brute. Signal de l’actualité 2025 : les échecs de l’IA s’expliquent par l’absence de lignage des données MIT Technology Review:« Les modèles d’IA échouent de manière imprévisible lorsque les organisations ne peuvent pas retracer ni vérifier les données utilisées pour les entraîner. » Vous êtes prêt pour l’IA si votre environnement permet : une livraison rapide et prévisible des données pour maximiser l’utilisation des GPU une forte concurrence d’accès aux métadonnées et un accès rapide aux petits objets des pipelines reproductibles avec un lignage de bout en bout une gestion efficace de milliards de variantes d’objets une mobilité pilotée par des politiques entre niveaux de données rapides, tièdes et froids Il ne s’agit plus d’une architecture avancée. C’est le minimum pour une IA fiable. 2. Une immuabilité profonde, de l’API jusqu’à l’architecture Pourquoi c’est important : les ransomwares accélérés par l’IA montrent à quelle vitesse les attaquants s’adaptent. Une immuabilité de surface ne suffit plus. Une restauration saine et vérifiable exige une immuabilité intégrée à l’architecture de stockage, et non appliquée comme un simple paramètre de configuration. Les organisations qui ont adopté une résilience plus profonde ont gardé une longueur d’avance, tant sur les menaces que sur les exigences des assureurs. Signal de l’actualité 2025 : envolée des ransomwares générés par l’IA Wired Magazine: « Les logiciels malveillants assistés par l’IA sondent désormais directement les API et les systèmes d’identité, ce qui accélère la vitesse et la sophistication des attaques. » Votre environnement est résilient s’il comprend : une application de la rétention au niveau de l’API une immuabilité au niveau du système, impossible à contourner une vérification cryptographique de l’intégrité ou du lignage des tests automatisés de restauration saine un modèle de cyber-résilience multicouche aligné sur les principes CORE5 3. Une conception guidée par la souveraineté, avec un contrôle réel Pourquoi c’est important : 2025 a marqué un tournant décisif : la souveraineté est devenue opérationnelle, et non plus conceptuelle. Une décision de justice impliquant le fournisseur cloud français OVHcloud a montré qu’une résidence des données purement contractuelle ne suffit pas à satisfaire les exigences juridictionnelles (voir ci-dessous). Les entreprises doivent désormais prouver où résident leurs données, comment elles circulent et qui les contrôle, en particulier en Europe, au Moyen-Orient et dans les secteurs réglementés. Signal de l’actualité 2025 : un tribunal canadien face à OVH The Register: « Le tribunal a jugé que stocker des données dans des régions étrangères dans le cadre d’un contrat canadien enfreint tout de même les exigences de résidence. » Vous êtes prêt en matière de souveraineté si vous prenez en charge : des clés de chiffrement détenues par le client un placement verrouillé par région, aligné sur la juridiction un lignage et un historique des mouvements de données prêts pour l’audit l’absence de risque de concentration sur un hyperscaler une mobilité des données conforme entre cloud, sur site et edge 4. Une résilience « cloud-smart » qui réduit le risque de concentration Pourquoi c’est important : les pannes et la volatilité des coûts ont révélé la fragilité de la dépendance à un seul cloud. Les organisations résilientes conçoivent désormais pour l’indépendance, afin de garantir disponibilité et contrôle même lorsqu’un grand fournisseur est perturbé. Signaux de l’actualité 2025 : la concentration du cloud reconnue comme l’un des principaux risques métier mondiaux Gartner Group: « Gartner classe la concentration du cloud parmi les cinq principaux risques métier émergents dans le monde. » La panne d’AWS révèle la fragilité d’une seule région BBC News: « Ceux qui avaient un point de défaillance unique dans cette région Amazon risquaient d’être mis hors ligne. » Votre architecture témoigne d’une résilience cloud-smart si elle permet : la mobilité des charges de travail entre cloud, sur site et edge des chemins d’accès alternatifs aux jeux de données critiques des opérations de restauration qui restent disponibles pendant les pannes un placement des charges de travail fondé sur les performances, le coût et la conformité une gouvernance de la sécurité et de la configuration hors du contrôle du fournisseur cloud Consultez la Cloud-Smart Resilience Checklist (en anglais) de Scality pour en savoir plus sur les cinq principes énumérés ici. 5. Une architecture multiscale et désagrégée qui s’adapte sous la pression Pourquoi c’est important : l’IA, l’analytique et les environnements multi-tenant sollicitent l’infrastructure de manières différentes en même temps. Les systèmes traditionnels étroitement couplés se heurtent à des compromis qui freinent la montée en charge. Les architectures désagrégées et multiscale permettent de faire évoluer indépendamment le calcul, la capacité, les métadonnées et les transactions, ce qui les rend indispensables face aux besoins imprévisibles en données d’aujourd’hui. Pour en savoir plus sur l’architecture de stockage désagrégée et multiscale, écoutez cette introduction de 15 minutes dans le podcast de Jon Myer (en anglais) : Signal de l’actualité 2025 : le secteur se tourne vers les conceptions désagrégées TechTarget « Les fournisseurs de stockage se pressent pour proposer un calcul et une capacité évolutifs indépendamment, à mesure que la croissance des données et les charges de travail d’IA révèlent les limites des conceptions traditionnelles. » Vous êtes prêt pour une croissance imprévisible si votre architecture : fait évoluer indépendamment le calcul, la capacité et les métadonnées maintient des performances prévisibles avec des charges de travail mixtes s’étend de manière élastique sur plusieurs nœuds, baies ou sites gère d’immenses quantités d’objets et de buckets sans dégradation reste exploitable et efficace à grande échelle Lisez cette introduction à l’architecture multiscale pour comprendre les dimensions d’évolutivité nécessaires aux charges de travail modernes. Signaux d’alerte pour 2026 1. Une dépendance à un fournisseur qui restreint la circulation des données Pourquoi c’est important : en 2025, les pannes et les chocs tarifaires ont rendu une chose évidente : la dépendance est un risque. Lorsque les données sont prisonnières de formats propriétaires ou de plateformes étroitement couplées, les organisations perdent leur capacité à réagir, qu’il s’agisse d’une panne, d’une exigence de conformité ou d’une flambée des coûts. La portabilité n’est plus une optimisation. C’est une condition préalable à la résilience. Signal de l’actualité 2025 : une panne de Microsoft ravive les inquiétudes sur la dépendance BBC News: « Une panne généralisée a mis les services Microsoft hors ligne pendant des heures, perturbant des clients dans le monde entier et ravivant les inquiétudes sur la dépendance à un seul écosystème cloud. » Vous êtes peut-être exposé à un risque de plateforme si votre environnement présente : des formats propriétaires qui limitent la portabilité des données des applications qui doivent être repensées pour migrer des chemins de restauration entièrement liés à la disponibilité du cloud aucun environnement indépendant pour l’accès ou le basculement Que faire ? adopter un stockage ouvert et compatible S3 qui fonctionne dans le cloud comme sur site concevoir pour la mobilité avec des espaces de noms globaux, la réplication et des API cohérentes séparer calcul et stockage pour éviter l’enchevêtrement des plateformes maintenir au moins un environnement de repli en dehors de tout fournisseur unique 2. Des SLA de restauration non vérifiés Pourquoi c’est important : en 2025, de nombreuses organisations ont appris qu’avoir des sauvegardes ne signifiait pas pouvoir restaurer. Des plans de reprise jamais testés en conditions réelles ont échoué au moment où l’on en avait le plus besoin. Si la restauration ne peut pas être prouvée, on ne peut pas s’y fier. Signal de l’actualité 2025 : les cyberassureurs durcissent leurs conditions de couverture Reuters: « Les assureurs examinent de plus près les contrôles de sauvegarde et de restauration et exigent la preuve que les organisations peuvent rétablir rapidement leur activité après une attaque. » Vous êtes peut-être exposé à un risque de restauration si votre environnement présente : des sauvegardes jamais testées de bout en bout une immuabilité appliquée uniquement au niveau du bucket ou des politiques des chemins de restauration dépendant de la disponibilité du cloud aucune validation cryptographique des données restaurées Que faire ? automatiser des tests de restauration saine à intervalles réguliers mettre en œuvre une immuabilité profonde au niveau de l’API et de l’architecture garantir qu’au moins un chemin de restauration est indépendant de la disponibilité du cloud suivre le « délai de restauration saine » comme indicateur mesurable de résilience 3. Des lacunes de lignage des données qui compromettent la fiabilité de l’IA Pourquoi c’est important : à mesure que les systèmes d’IA passent en production, la confiance dans leurs résultats devient aussi importante que la performance. En 2025, plusieurs échecs ont été attribués non pas aux modèles, mais à un lignage des données absent ou incomplet. Sans lignage, les résultats de l’IA ne peuvent être ni expliqués, ni reproduits, ni défendus de manière fiable. Signal de l’actualité 2025 : des échecs de l’IA attribués à l’absence de lignage des données MIT: « Les modèles d’IA échouent de manière imprévisible lorsque les organisations ne peuvent pas retracer ni vérifier les données utilisées pour les entraîner. » Vous êtes peut-être exposé à un risque de fiabilité de l’IA si votre environnement présente : des versions ou transformations de jeux de données non suivies des corpus parallèles créés en dehors des pipelines officiels aucune piste d’audit pour les données d’entraînement ou d’inférence des processus de prétraitement manuels ou incohérents Que faire ? stocker toutes les données d’entraînement et d’inférence de l’IA dans un stockage objet qui gère le lignage imposer le versioning des jeux de données et de la logique automatiser et documenter les processus de prétraitement appliquer des contrôles de gouvernance sur les accès, la rétention et l’historique des modifications 4. Un risque cloud lié à la concentration et à la volatilité des coûts Pourquoi c’est important : la concentration du cloud s’est imposée comme un risque stratégique en 2025. Les organisations dépendantes d’un seul fournisseur ont subi des perturbations, une exposition imprévisible aux coûts et un pouvoir de négociation limité. La résilience dépend désormais du choix, et de la capacité à l’exercer. Signal de l’actualité 2025 : la concentration du cloud classée parmi les principaux risques métier émergents Gartner Group: « De nombreuses organisations sont désormais dans une situation où elles subiraient de graves perturbations en cas de défaillance d’un seul fournisseur. » Vous êtes peut-être exposé à un risque cloud stratégique si votre environnement présente : une dépendance à un seul hyperscaler pour les charges de travail essentielles une portabilité ou une mobilité des données limitée aucune option de restauration sur site ou alternative l’incapacité à déplacer les charges de travail lors d’événements liés aux coûts ou à la disponibilité Que faire ? concevoir des architectures portables dès le départ mettre en œuvre des stratégies hybrides ou multicloud séparer les niveaux de calcul et de données pour éviter la dépendance garantir que les données peuvent être répliquées ou déplacées rapidement hors d’un fournisseur unique 5. Une prolifération des données sans limites Pourquoi c’est important : l’adoption de l’IA a accéléré la création et la duplication des données en 2025. Sans gouvernance, cette prolifération a élargi les surfaces d’attaque, accru le risque de non-conformité et entraîné une croissance incontrôlée du stockage. Une croissance des données sans contrôle est une exposition, et peut même signifier que la visibilité sur les données exposées est limitée, voire inexistante. Signal de l’actualité 2025 : l’adoption de l’IA alimente la montée des jeux de données fantômes TechRadar: « Les copies non maîtrisées entraînent désormais des manquements à la conformité et des cyberincidents. » Vous êtes peut-être exposé à un risque de gouvernance et de sécurité si votre environnement présente : des corpus temporaires qui persistent indéfiniment des jeux de données dupliqués sans application de cycle de vie des données sensibles stockées dans des emplacements non approuvés une croissance du stockage plus rapide que la classification et l’application des politiques Que faire ? appliquer des politiques de cycle de vie et de rétention centraliser le stockage des données d’entraînement, des points de contrôle et des variantes classer et étiqueter les jeux de données pour faciliter la gouvernance suivre toutes les copies de données, y compris les dérivés générés par l’IA Ce que ces signaux signifient pour 2026 Les leçons de 2025 annoncent une évolution nette des attentes. Le stockage devient le point de contrôle de la confiance dans l’entreprise. L’intégrité doit pouvoir être démontrée. Les organisations auront besoin d’un stockage immuable, riche en lignage et prêt pour l’audit, capable de soutenir une restauration et une conformité vérifiables. La mobilité des données devient un avantage stratégique. La concentration du cloud est un risque systémique. La capacité à déplacer les données entre environnements cloud, sur site et edge, sans pénalité ni refonte, définit la résilience. La sauvegarde évolue vers la cyber-récupération saine. Les organisations doivent valider leurs chemins de restauration en continu. L’indépendance vis-à-vis de la disponibilité du cloud, la validation automatisée des restaurations et la protection multisite sont essentielles. La réussite de l’IA dépend de pipelines gouvernés. Des résultats d’IA fiables proviennent de données reproductibles et bien gérées, et non de modèles plus grands. La responsabilité est le principe fédérateur. En cybersécurité, en IA, en souveraineté comme en économie, les organisations sont jugées sur des preuves. Alors que les équipes préparent la suite, c’est le moment d’évaluer le socle et renforcer les points les plus importants (en anglais). Les organisations qui investissent dès maintenant, en approfondissant l’immuabilité, en améliorant la mobilité des données, en renforçant la souveraineté et en gouvernant leurs pipelines de données, aborderont 2026 avec confiance et clarté. Celles qui attendent seront contraintes de réagir sous la pression. Contenus associés susceptibles de vous intéresser : Article de blog : 7 prédictions qui façonneront l’infrastructure de données en 2026 Article de blog : La vraie leçon de la panne d’AWS : la résilience ne s’externalise pas Article de blog : Après les pannes d’AWS et d’Azure, les PME face à la réalité