4 Les entreprises de tous types ont pleinement adopté la transformation numérique, et ont pris conscience que les données sont devenues le moteur et la principale source de valeur de leur activité. C’est flagrant dans des secteurs comme les médias et le divertissement, où nos vies ont été enrichies par la disponibilité instantanée de la vidéo à la demande presque partout sur la planète. C’est aussi vrai dans des secteurs comme le voyage, où les recherches, réservations et achats en ligne sont désormais monnaie courante. La santé connaît également ces changements, avec des dossiers médicaux et des images numériques qui remplacent presque partout le papier et les films. Regardez autour de vous : vous remarquerez sans doute cette transformation. Un défi majeur de cette période de transformation reste la dépendance aux applications métier historiques. Ces applications sont encore présentes partout : dans les banques, les hôpitaux, les studios de cinéma, les agences de voyages et les usines. Elles fonctionnent bien, remplissent leur rôle et sont difficiles ou coûteuses à remplacer. Conçues pour des modèles de déploiement antérieurs au cloud, elles sont généralement liées à un hôte et monolithiques (ni modulaires ni distribuées). Leur utilisation et leur accès sont donc limités au datacenter ou à l’entreprise elle-même, et elles sont généralement rigides et difficiles à faire évoluer sur le plan fonctionnel. Autrement dit, elles continueront d’exister et de prospérer dans un avenir prévisible. Ces applications historiques accèdent généralement aux données et au stockage de manière classique, via des systèmes de fichiers ou des protocoles de systèmes de fichiers distants comme NFS (populaire sur Linux et les anciens systèmes UNIX) et SMB (parfois appelé CIFS, le standard de facto des protocoles de fichiers sur les systèmes Microsoft Windows). Ces protocoles de fichiers historiques continuent d’évoluer : NFS v4 est de plus en plus adopté et performant, tout comme SMB 3.0, dont les nouvelles fonctionnalités peuvent être exploitées pour l’évolutivité, la performance et la sécurité. Mais une nouvelle ère d’applications cloud-native émerge en parallèle. Nous voyons désormais des applications déployées dans le cloud, ou même derrière le pare-feu, dans des clouds privés d’entreprise. Ces applications sont conçues pour notre nouveau monde d’accès omniprésent, depuis n’importe où sur la planète, avec une disponibilité 24 h/24 et 7 j/7. Prenons l’exemple d’une application bancaire en ligne, dont nous dépendons tous, chez nous comme en déplacement. Ces exigences sont difficiles, voire quasi impossibles, à satisfaire avec des applications historiques, car le modèle de déploiement, de distribution et d’accès a changé. Cela a un impact sur la gestion des données et l’accès au stockage. Et comme les protocoles objet fonctionnent bien sur de longues distances et avec le cloud, c’est l’une des raisons pour lesquelles la nouvelle ère des applications cloud-native a adopté le stockage objet comme protocole d’accès aux données par défaut. AWS a créé un standard de fait avec sa populaire API AWS S3, mais des alternatives subsistent, dont le protocole OpenStack Swift et des alternatives de stockage cloud comme l’API Blob de Microsoft Azure. À mesure que la diversité des applications utilisées en entreprise augmente, les besoins en stockage continuent eux aussi de croître de manière exponentielle. Par exemple, les applications de gestion et d’archivage des images de radiologie (IRM numérique, scanner, etc.) génèrent désormais chaque année des centaines de téraoctets de nouveaux besoins de stockage dans les hôpitaux de taille moyenne à grande. Ces applications reposent encore largement sur les fichiers. Ajoutez-y de nouvelles applications de gestion et d’analyse des données génomiques, de sauvegarde, de vidéosurveillance et bien d’autres : cela démontre à nouveau que la gestion et le stockage modernes des données doivent être prêts pour le multiprotocole, mais aussi capables de s’étendre à l’échelle du pétaoctet à l’ère de la transformation numérique. Au final, notre monde en mutation exige de la diversité : avec la transformation numérique qui accroît la valeur des données et la complexité des applications, le besoin d’une gestion et d’un stockage des données multiprotocoles est évident. C’est un moteur essentiel du soutien et de l’amélioration continus de la coexistence du stockage fichier et objet dans des solutions comme Scality RING. Dans un prochain article, nous explorerons le système de fichiers scale-out natif du RING (SOFS) et la manière dont il répond aux fortes exigences des applications d’archivage dans le monde de la santé, de la vidéo à la demande et des archives big data nécessaires à l’IA et au machine learning.